Bentley Mark VI Standard Steel Sports Saloon (1946-1952)

La voiture

Après la seconde guerre mondiale, la situation économique ne favorise guère le marché des voitures de prestige. Rolls-Royce, qui possède la marque Bentley depuis 1931, choisit donc de relancer son activité automobile avec un modèle un peu moins ostentatoire.

 

D'une certaine façon, la Mark VI marque la fin de l'âge d'or pour les carrossiers prestigieux, incontournables avant la guerre. Jusque là, Rolls-Royce vendait en effet au client le chassis et la partie mécanique de sa voiture; l'acquéreur choisissait ensuite le carrossier qui lui donnerait son aspect final. Systématiquement mis à contribution pour habiller la Rolls-Royce Silver Wraith (le haut de gamme RR de l'époque), les carrossiers indépendants ne pourront toutefois exercer leurs talents que sur un cinquième de la production Bentley Mark VI, le reste étant vendu sous forme de voitures "complètes" par Rolls-Royce sous le nom de "Standard Steel Sports Saloon". Le corps en acier de la Mark VI, une fois fabriqué par Pressed Steel Ltd, sera en effet assemblé à l'usine de Crewe. Le but ultime de RR était alors d'augmenter les volumes de production en employant des méthodes standardisées, incompatibles avec le travail artisanal des carrossiers.

Sous cette forme, la Mark VI peut être considérée comme une variante "courte" de la Silver Wraith, avec des roues plus petites (16 pouces), mais un moteur plus puissant, à double carburateurs SU. La carrosserie tout-acier souffrira hélas d'une qualité amoindrie par les restrictions de l'après-guerre. Annoncée en mai et disponible dès septembre 1946, la Mark VI poursuivra sa carrière pendant six ans. En avril 1949, RR introduira prudemment la Silver Dawn sous la marque Rolls-Royce, dérivée de la Mark VI mais avec un coffre plus généreux. En 1952, cette nouveauté sera à son tour incorporée à la Mark VI qui deviendra alors la Bentley "R-Type" (à ne pas confondre avec la R-Type Continental).

Du point de vue mécanique, la Mark VI a connu deux grandes versions. La première utilise un moteur à 6 cylindres en ligne de 4257 cm3 (ou "4 L 1/4" selon la dénomination officielle), dont la puissance est "adéquate" mais non divulguée, selon une habitude longtemps conservée par RR. Cette première version sera produite à 4000 exemplaires, dont 3168 sous la forme "Standard Steel"). La seconde version (1202 exemplaires (dont 1022 "Standard Steel"), verra sa cylindrée monter à 4566 cm3 ("4 L 1/2") et offrira des performances très respectables : 160 km/h en vitesse de pointe, et un 0 à 100 en 15,5 s environ, pour une consommation moyenne d'un peu plus de 17 L /100 km.

La miniature

Il n'existe actuellement qu'un seul modèle de Mark VI au 1/18, produit par Cult Models (CML010-1). Il s'agit d'un modèle en résine, donc sans ouvrants. L'extérieur est gris métallisé, l'intérieur bordeaux. On  observe un beau niveau de détail; on peut notamment apprécier, malgré l'impossibilité d'ouvrir les portes, les éléments qui font de la Mark VI une voiture luxueuse : miroir de courtoisie latéraux arrière, tablettes intégrées aux sièges avants, bois (imité bien sûr) sur la planche de bord et les portières, toit ouvrant (qui ne s'ouvre pas !) et radio, avec une antenne placée au-dessus du pare-brise. On notera aussi que le train avant a quelques degrés de liberté pour orienter les roues, ce qui est rare sur un modèle en résine.

La miniature est un modèle avec conduite à droite de 1950, c'est-à-dire doté du moteur 4 L 1/4. Le pot d'échappement unique (à gauche) permet de la distinguer du modèle 4 L 1/2, qui lui en possédait deux.

Cette miniature, aujourd'hui épuisée, est assez difficile à se procurer, et il est encore plus rare d'en trouver une en excellent état, de par la fragilité inhérente à tous ses petits éléments externes (mascotte, rétroviseurs, phares avant, antenne). On voit parfois des Mark VI vendues aux enchères sur eBay, mais elles sont souvent dans un état très relatif. Cela dit, si vous maniez la colle et le pinceau, cela peut être une bonne affaire. Notons enfin que, comme sur tous les modèles Cult, la boîte en polystyrène se délite, de petits morceaux se collent à la miniature au déballage par électricité statique... assez pénible.

Toujours est-il que de la voiture comme de la miniature se dégage une certaine classe. La Mark VI, de part son intérêt historique et esthétique, mérite incontestablement sa place dans toute bonne collection d'anglaises classiques.

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